Cette œuvre est née dans un moment où tout se resserrait. Un vide lourd, oppressant, presque physique, prenait toute la place. J’avais l’impression de manquer d’air, comme coincée dans une pièce sans porte, sans direction, sans issue. Je voulais sortir de ce piège, retrouver un souffle, mais rien ne s’ouvrait.
En peignant, il n’y avait rien d’héroïque. Juste moi, face à une toile que je n’arrivais pas à remplir. Je ne pouvais pas lui donner vie puisque je me sentais morte. Les couleurs restaient sombres, incapables de porter la moindre lumière, comme si tout ce que je touchais s’éteignait avec moi.
Et pourtant, quelque part au fond, je cherchais une étincelle dorée. Une petite trace de lumière, assez stable pour que mes yeux puissent s’y accrocher. Un repère minuscule, fragile, mais suffisant pour ne pas couler entièrement. L’espoir ténu qu’au cœur même de l’obscurité, il existe encore un point vers lequel avancer.